Le passé


Charrat apparaît dans l'histoire en 1224 où un écrit fait mention d'une transaction entre Thomas, comte de Savoie, Pierre d'Oron, évêque de Sion et un certain chevalier nommé Jean Visondis. D'après son nom, en se fondant sur l'habitude du temps, qui nommait les gens d'après leur seigneurie ou leur domicile, on peut conclure que ce chevalier était de Charrat-Vison, la seule agglomération de la région connue à ce moment.

En 1324, le village du Chêne est à peine indiqué et Charrat fait partie de la communauté de Martigny en qualité de septième quartier où le Bourg avait la préséance.

 

En 1836, malgré cinq siècles de fidélité, le mariage est sur le point de se dissoudre. Une demande est adressée au Conseil d'Etat par les procureurs des villages de Charrat afin d'obtenir l'autorisation de constituer une commune autonome suite à une décision prise par l'assemblée des citoyens. Cette demande est principalement motivée "par le fait que les intérêts de Charrat se trouvent d'ordinaire en contradiction avec ceux du Bourg et succombent devant la prépondérance des votes de ce dernier. L'action de l'autorité est presque sans influence dans ces villages qui se trouvent trop éloignés de leur point de départ et qui se voient encore forcés de prendre leur part dans les dépenses que la fortune du Bourg lui permet d'établir sur des bases assez larges, tandis que les faibles ressources de Charrat lui prescrivent la plus stricte économie".

 

Si la séparation et la constitution de Charrat en commune distincte eurent lieu en 1836, il fallut attendre jusqu'au 28 mai 1879 le décret du Grand Conseil fixant le partage des  circonscriptions territoriales et la juridiction des cinq communes soit Martigny-Ville, Martigny-Bourg, Martigny-Combe, La Bâtiaz, et Charrat.

 

Charrat compte trois quartiers : Vison et Les Chênes situés au pied des pentes du Mont Chemin, dont les références historiques ont été mentionnées plus haut et La Gare qui doit son développement à l'implantation de la gare CFF (1890).

 

Rendons hommage aux valeureux pionniers qui ont façonné la nature de notre canton, de notre commune, luttant avec acharnement contre l'influence funeste des marais et les dévastations du Rhône dont la dernière crue de 1948 reste dans bien des mémoires. La plaine était alors recouverte de marécages, parsemés de quelques îlots servant de parcours pour les bestiaux. Le labeur immense accompli par ces défricheurs transformant les marais en terres fertiles a été le point de départ d'un essor agricole remarquable. La population charrataine a longtemps vécu du produit de la terre et nombre d'industries qui s'y sont implantées sont étroitement liées au secteur primaire dont les difficultés actuelles ne doivent pas taire le labeur consenti par nos ancêtres.

 

N'oublions pas de mentionner ici la race de cheval de Charrat qui avait acquis à notre localité une grande renommée dans les cantons voisins et dont l'origine dit-on remonte au passage des Russes et fit la fierté de nos ancêtres au 19ème siècle.

 

Religieusement, Charrat est une communauté paroissiale faisant partie, tout comme Martigny-Combe de la Paroisse de Martigny, institution qui a échappé à la séparation de 1836. Au chapitre de la bourgeoisie il est à relever que les citoyens bourgeois de Martigny, Martigny-Combe, Trient et Charrat acquièrent la bourgeoisie de ces quatre communes.