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Charrat contemporain
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A l'instar du lynx de
ses armoiries,
Charrat ne se donne pas facilement. Non qu'il soit méfiant,
mais
il y a dans ce village une sorte de retenue, de discrétion.
De la pudeur, qui sait.
Il a besoin qu'on s'y arrête, qu'on lui prête
un peu d'attention. Qu'on l'apprivoise, en quelque sorte.
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visiteur pressé ne verra rien. En revanche, celui
qui lui accordera du temps en découvrira les charmes.
C'est qu'ici, pas d'ostentation. Plutôt que le tape à
l'il, c'est la discrétion qu'on aurait tendance
à cultiver. |
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Le quartier de la gare
est celui de l'ouverture sur l'extérieur.
C'est là que se trouvent les principales voies de communication.
Mais aussi la poste, les entrepôts, les
commerces, les ateliers des artisans. Et aussi des immeubles
d'habitation qui, au fil des ans, ont accueilli une population
de plus en plus métissée. Un brassage de provenances
et de langues qui lui donne, certains soirs d'été,
des allures de Sud.
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Changement de décor
au pied du mont.
Vison et Les Chênes constituent le berceau historique
du village. Les premiers habitants ont choisi le coteau pour
s'installer, à l'abri des divagations du Rhône.
Les traces des ancêtres sont toujours visibles, nombre
des maisons qu'ils ont construites, toujours debout. Blotties
les unes contre les autres, comme pour se protéger
d'une menace. Ou parce que les gens de ce temps-là
savaient déjà qu'ensemble, on est plus fort.
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| Ceux
qui les habitent aujourd'hui les ont restaurées
avec soin, jetant ainsi des ponts entre passé et présent.
Ils savent qui ils sont parce qu'ils savent d'où ils
viennent. Cette dimension n'échappe pas à qui
se balade dans les ruelles de Vison ou des Chênes. Et
si la pente s'avère trop raide, un bistrot n'est jamais
loin. |
En
avril, Charrat voit passer quelques cortèges de touristes,
Sac au dos, chaussures de marche aux pieds, canne à la
main pour les plus anciens, ils se rendent sur la Crête,
la colline de Vison. L'objet de cet étrange pèlerinage
a nom adonis, diamant
jaune et protégé de notre flore. |
| Les
visiteurs les mieux inspirés regagnent la plaine
en traversant le coteau. Tranquillement, au milieu des vignes
et des abricotiers,
qui, tombés en disgrâce à une certaine époque,
effectuent depuis quelques années un retour remarqué.
Le raisin d'ici, longtemps mésestimé, donne désormais
quelques crus réputés. Certains pinots, noirs
et blancs, n'ont rien à envier à ceux de la rive
droite. |
En
contrebas, nos marcheurs découvrent l'arrière
de ces maisons qui forment
un ruban quasi ininterrompu entre Vison et Les Chênes.
Cette face cachée, avec jardins proprets et pelouses
aménagées, est le domaine de la convivialité.
Idéal pour se retrouver entre amis autour d'une table,
du moins lorsque la bise, une habituée des lieux, ne
montre pas trop d'ardeur. |
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Le dernier raidillon
descendu, on débouche sur la Place des Chênes.
Jusqu'à un passé récent, Charrat, éclaté
en hameaux, n'avait pas de véritable centre, aucun
lieu naturellement dévolu aux retrouvailles de la communauté
à l'occasion de la patronale ou de toute autre fête.
L'homme a remédié aux manques de la topographie
en aménageant cette place, où peut désormais
battre le cur de la vie locale.
Nous serions heureux de vous y accueillir. En toute simplicité.
Pour que ce cur batte plus fort encore.
G.
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